26 de octubre de 2004

 

4. Homilía

(Teodoro Lorá)

 

Crece el grano y se hace un arbusto

MARTES DE LA 30ª SEMANA DEL TIEMPO ORDINARIO

Martes, 26 de octubre de 2004

Ef 5,21-33; Sal 127,1-5; Lc 13,18-21

 

Seigneur,

Tu nous as tellement aimé

Jusqu’à nous donner ton Fils Jésus Christ.

Il est la Parole vivante qui nous a révélé ton visage.

Tu nous as demandé de l’écouter.

Envois-moi ton Esprit afin qu’il ouvre mon cœur à l’intelligence des Ecritures,

car mon cœur a soif de toi et de ta parole.

 

1. Sur le chemin

 

            La partie centrale de l’évangile selon saint Luc présente toute l’activité de Jésus dans le cadre d’un chemin, une montée vers Jérusalem. «Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument (endurcit le visage) le chemin vers Jérusalem» (Lc 9,51).

            Les divers vacations dont la sœur Esther nous a parlé ce matin (Lc 9,57-62) adviennent en cours de route : «Tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin…». Littéralement c’est écrit : «Et faisant route eux, dans le chemin, quelqu’un lui dit…» (Lc 9,57).

            L’envoie ou la mission des soixante-douze disciples a pour but la préparation du chemin de Jésus (Lc 10,38).

            Lorsqu’il arrive chez Marthe et Marie, par exemple, il était en route, «comme ils faisaient route, il entra dans un village…» (Lc 10,38)

            Sur son chemin ils enseignait et formait ses disciples : «Et il cheminait par villes et villages, enseignant et faisant route vers Jérusalem» (Lc 13,22).

            Il parcourt le chemin avec détermination : «Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem» (Lc 13,33).

            En faisant route il guérit les lépreux qui sont guéris, à leur tour, pendant qu’ils étaient en chemin vers les prêtres (Lc 17,11.14).

            Sur son chemin il ouvre les yeux à l’aveugle de Jéricho (Lc 18,35-43) e il entre chez Zachée, provoquant en lui la conversion (Lc 19,1-10).

            Arrivé à Jérusalem, son chemin continue jusqu’à la croix et la résurrection. Ressuscité il partage la croix  le chemin des disciples (cf. Lc 24,13-35).

 

2. Le grain de moutarde et le levain

 

            Parmi ses multiples enseignement à ses disciples, pendant qu’il faisait route, la liturgie de la parole de ce jour nous propose Lc 13,18-21. Il s’agit de deux paraboles, les paraboles sœurs : la parabole du grain de sénevé.

           

18 Il disait donc :

À quoi le Royaume de Dieu est-il semblable et à quoi vais-je le comparer ? 

19 Il est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et jeté dans son jardin[1] ; il croît et devient un arbre, et les oiseaux du ciel s'abritent dans ses branches.  

 

20 Il dit encore :

À quoi vais-je comparer le Royaume de Dieu ?

 21 Il est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé.

                       

            Deux questions et deux réponses. Deux images chargés de dynamisme, de puissance, de vie. Le grain est un arbre en puissance. Le levain a la puissance de lever la pâte de farine. Deux images de deux petites choses qui deviennent grandes.

 

3. Jésús, notre chemin

 

Jésus même s’est présenté comme «le Chemin la vérité et la vie» (Jn 14,6).

Le chemin du Fils de l’homme continue tout au long de l’histoire. Le chemin qu’il a parcouru se prolonge dans la vie des disciples. Dans les Actes des Apôtres le chemin désigne la suite le Christ et l’identité des disciples. Ils sont considérés comme ceux qui suivent “Le Chemin”.  Philipe, guidé par l’Esprit Saint, prit l’initiative de s’approcher au fonctionnaire éthiopien qui était en chemin. Il lui expliqua les Ecritures et lui baptisa.

Un jour il s’est croisé sur notre chemin. «Tu as voulu prendre notre chemin…». Voilà la chose la plus belle qui ne m’est jamais arrivé dans ma vie. Un jour tu t’es croisé sur mon chemin et tu m’as séduit. Tu m’as invité à te suivre et je me suis mis en chemin. Tu as donné un sens à ma vie, tu as donné une direction à ma vie.

Il y a un chemin que Jésus est en train de faire et de parcourir avec chacun de nous personnellement et en communauté. Le chemin existe. C’est lui ! C’est lui mais il faut le parcourir.

Au long du chemin nous trébuchons, nous pouvons même nous fatiguer. Nous avons besoin d’avoir un  pédagogue.

Dans l’Evangile, le chemin a une valeur symbolique, qui est en rapport avec l’orientation de la vie de la personne, avec la direction prise par la personne. Dans le passage des disciples d’Emmaüs, Jésus s’approche aux disciples, il partage leur chemin et, à travers sa parole, il leur transforme complètement, il change leur chemin de sorte que le chemin des disciples finit par devenir le chemin de Jésus.

Ne permets pas, Seigneur que nous nous arretons dans notre chemin ni dans nos succès ni dans nos échecs.

 

4. La puissance de la petitesse

 

            Les images employées par Jésus pour parler du Royaume de Dieu ont quelques choses en commun. La première c’est la petitesse. Cela nous renvoie à une chose qui constitue une constante dans l’histoire de salut et que saint Paul exprime avec clarté dans son épître aux Corinthiens : Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, ce qu’il y a de fou dans le monde voilà ce que Dieu a choisi, «Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.» (1Cor 1,25)

            L’autre chose que je trouve en ces deux images c’est la puissance de la petitesse. Le grain de moutarde est le plus petite semence (.) mais il devient un arbre et le levain est inférieure a la pâte de farine, mais il lève la pâte.

            Seigneur, enseigne-nous a voir l’arbre dans la semence. Que notre petitesse ne nous effraye pas : «Ne dis pas : Je suis un enfant!car vers tous ceux à qui je t'enverrai, tu iras, et tout ce que je t'ordonnerai, tu le diras.» (Jr 1,7-8). Notre vie est un grain de moutarde, un peu de levain dans le pays et encore plus dans le monde. Notre communauté et un rien dans le monde et dans l’univers, mais notre petitesse est chargé des potentialités et de vie.

            Pour parcourir le chemin que Jésus nous invite à parcourir et déployer toute la potentialité et la puissance que le Seigneur nous a donné, nous avons besoin d’un pédagogue (de paidós, enfant, et du verbe agô) qui nous guide. «Tu as voulu prendre notre chemin, tu es venu nous prendre dans la main».

            Le Seigneur nous l’a déjà donné. Nous avons simplement besoin de l’écouter.

 



                [1] Mt. ajoute: «C’est bien la plus petite de toutes les graines, mais, quand il a poussé, c’est la plus grande des plantes potagères, qui devient même un arbre, au point que les oiseaux viennent s’abriter dans ses branches» (Mt 13,32).